Mimi Perrin & les “Double Six”

Le groupe vocal dans le jazz – Scat ou vocalese ?…

Depuis les débuts et même avant, le groupe vocal a toujours été présent dans la musique de jazz (le gospel song faisant partie de sa préhistoire…).

A cappella ou non, il n’a cessé de se développer, de s’affirmer, de se sophistiquer, tout au long de l’évolution du jazz.

Inspiré des « Barbershop », chœurs d’hommes « A cappella » qui se développèrent dans le sud des États-Unis à la fin du 19ème siècle, utilisant une technique à 4 voix serrées en homorythmie avec le chant lead qui se trouve en deuxième voix (technique réutilisée par les trios et quartets vocaux des big bands des années 30 notamment, chez Jimmy Lunceford par exemple), il évoluera jusqu’à des groupes très sophistiqués comme « Take 6 » ou « Accent » actuellement.

On ne peut évidemment pas évoquer tous les groupes vocaux qui ont marqué l’histoire du jazz, mais tout de même… Les « Mills Brothers » (les pionniers incontestés), les « Hi-Lo’s » (aventureux et instigateurs du groupe vocal « moderne »), les « Meltones » (groupe vocal formé par Mel Tormé), les « Modernaires » (groupe vocal associé au big band de Glenn Miller), « Lambert Hendricks & Ross » (groupe qui a directement inspiré Mimi Perrin), « The Manhattan Transfer », « L.A Voices » etc…

En France, c’est essentiellement dans les années 50 que l’on voit l’émergence de groupes vocaux, parfois à la frontière du jazz (avec les « Parisiennes » de Claude Bolling par exemple, et plus tard les « Swingle Singers »), cette musique prenant un essor nouveau et suscitant un énorme engouement dans la période de l’immédiat après-guerre…

C’est dans ce contexte que naquit en 1959 le groupe de « vocalese » français : les « Double Six ». Imaginé et fondé par la pianiste et chanteuse Mimi Perrin, ce groupe, inspiré par le travail de Jon Hendricks, restituait (accompagné d’une section rythmique) des orchestrations de big bands, en reproduisant les 12 voix de cuivres. Il utilisait pour cela le procédé (tout nouveau) du « re-recording », en enregistrant deux fois 6 voix, sur deux pistes distinctes. 

Les “Double Six” 1962. Tous droits réservés

Pourquoi ce terme « vocalese » ?

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Interview de David Linx

Vocaliste incontournable de la scène internationale, David Linx répond aux questions de Docteur Jazz. Nous aurons le plaisir de l’accueillir lors d’une des prochaines sessions du stage de Scat à Angers !

Photo : Alexandre Lacombe

DJ : Bonjour David, merci de prendre le temps de cette interview sur le blog ! Peux-tu te présenter ?

DL : Je m’appelle David Linx, je suis chanteur de jazz, compositeur et parolier (pour d’autres artistes et chanteurs/chanteuses). Je suis professeur de chant et ensembles vocaux depuis 25 ans à la section jazz du Conservatoire Royal de Bruxelles, ainsi que professeur invité au conservatoire d’Amsterdam aux Pays-Bas depuis environ 10 ans. Professeur en résidence à la Jazz Academy de Sienne en Italie depuis cette année, je donne également des masterclass lorsque je suis en tournée (Capilanou University au Canada, Wharton Institute dans le New Jersey, NYC appreciation classes, Taiwan, Brésil, etc…).

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Scatting & acting. Tribute to the “Double Six”

Sur le standard de Neal Hefti, écrit pour Count Basie : “Flight Of The Foo Birds”

Le travail et les enregistrements du groupe vocal Français les “Double Six“, créé et dirigé par Mimi Perrin au début des années 60, font partie du patrimoine international du jazz vocal. Cette vidéo rend hommage à ce groupe mythique et à sa créatrice.

Je me suis livré à l’exercice de “vocalese”, qui consiste à écrire des paroles sur le thème, mais aussi sur les solos des instrumentistes. (Toutes les paroles sont dans la description de la vidéo). Le standard : “Flight Of The Foo Birds”, devient : “Fais Pas l’Dur Joe”.

Egalement en ligne : un article sur le travail d’écriture de Mimi Perrin

Résultats du défi scat N.1 “Scat toujours !”

Voici les résultats du premier défi scat !

Il y a eu beaucoup de participants, avec de très bonnes choses !

Les critères pris en compte (justesse, mise en place, intonation…) m’ont permis de dégager un gagnant, mais les autres n’ont pas démérité . Deux hommes ont participé et c’est l’un d’eux qui l’emporte ! Bravo à Eric PRETERRE !

Eric a un parcours d’enseignant-pédagogue, d’instrumentiste (saxophone, guitare) et de chanteur. Il a longtemps dirigé une troupe de comédies musicales (anglo-saxonnes), chanté dans de nombreuses formations vocales (Quartet style Manhattan Transfer, Sextet A Cappella, Quartet Gospel …) et fait chanter de nombreux adolescents dans des projets aux quatre coins de la planète. Il a vécu aux Etats Unis où il s’est imprégné de musiques et culture Afro-Américaines. En France il a monté plusieurs spectacles en hommage à des chanteurs qui l’ont marqué et influencé : Tom Waits, Nat King Cole, Nougaro…

Pour en savoir plus sur Eric, voici le lien vers son site.

Bientôt un nouveau défi … En attendant, vous avez une formation en ligne à votre disposition ICI

Un stage cet été à Angers avec Déborah Tanguy ICI

Et un tuto pour relever un solo en scat ICI

Comment relever un solo instrumental en SCAT ?

A l’invitation de Karine Sula Gene et de son blog “Plus que du chant”

Karine Sula Gene, vocaliste originaire de la Guadeloupe, propose des formations de très grande qualité pour les vocalistes débutants à confirmés, sur son blog “Plus que du chant”.

Elle suit actuellement personnellement, la formation proposée par Docteur Jazz “Aborder le SCAT”, et nous fera part de son expérience, étant novice en matière de Scat… Elle m’a demandé de faire un petit tuto pour inciter les personnes qui pensent ne jamais pouvoir y arriver, à se lancer…!

Cette vidéo traite du morceau proposé pour le premier défit scat “Scat Toujours”, auquel je vous invite à participer !… Du coup vous n’avez plus d’excuses : je vous explique tout ! 😉

Si vous voulez approfondir la question, vous avez deux options:

Une formation online sur le SCAT, où je vous guide pas à pas (elle est en promotion jusqu’au 31 mai)

Un stage d’été à Angers, les 9 et 10 juillet 2021 !

Karine m’a également interviewé sur son blog

Scatting & acting “FEVER”

Voici une autre vidéo de vocal multitrack. Un arrangement écrit pour mon TENTET en 1998, sur lequel j’ai ajouté un arrangement vocal… FEVER, morceau composé et enregistré en 1956 par Little Willie John, mais véritablement popularisé par la version de Peggy Lee en 1958 (Accompagnée de Joe Mondragon à la contrebasse et Shelly Manne à la batterie).

Encore une occasion de mettre en lumière les formidables musiciens qui composaient ce collectif du TENTET :

Laurent Bataille (d) Claude Egéa, Sacha Bourguignon (tp) J.C Vilain (tb) Thomas Savy, Pierre Mimran (ts) Nicolas Montier (as) Stéphane Chausse (bass clarinet) Didier Havet (tuba) Stan Laferrière (vocals, arr)

L’arrangement du TENTET est disponible ICI

Une formation sur le SCAT vous attend ICI

Interview Jean-Baptiste Craipeau

Vocaliste, bassiste et arrangeur Français de tout premier plan, Jean-Baptiste Craipeau évolue dans le monde du jazz vocal (mais pas que), en solo bien entendu, mais aussi au sein d’un groupe vocal international “A Cappella” qui compte parmi les meilleurs de la planète : ACCENT.

Jean-Baptiste répond à mes questions et nous présente son travail…

DJ : Bonjour Jean-Baptiste, peux-tu te présenter et nous parler un peu de ton parcours ?

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Interview de Camille Bertault

Vocaliste de grand talent, Camille Bertault est une artiste et une musicienne complète. Touchant aussi bien au jazz, à la musique classique, à la chanson Française, au théâtre, c’est une figure incontournable du jazz vocal actuel. Elle a bien voulu répondre aux questions de Docteur Jazz…

Site Web

Interview de Médéric Collignon

Vocaliste et cornettiste inclassable (et c’est tant mieux), Médéric Collignon est une figure incontournable du jazz vocal hexagonal. Sa culture, sa technique vocale impressionnante, son style et ses influences, nous font voyager dans des univers très variés et parfois même iconoclastes… Grand admirateur de Louis Armstrong, son exubérance (toujours à propos, musicalement) me fait terriblement penser à la chanteuse Allemande Nina Hagen. Médéric répond aux questions de Docteur Jazz.

Photo: Alexandre Lacombe

Médéric sera l’un des prochains intervenants au stage d’été de SCAT organisé par Docteur Jazz !

Découverte du SCAT par la vocaliste Karine Gene “Sula”

Karine GENE « Sula », passionnée de chant, chanteuse et formatrice.

Karine a commencé sérieusement l’apprentissage du chant, de la théorie musicale et de la scène, à Londres avec des cours du soir au Goldsmiths College, dans les années 2000. Depuis, elle a évolué dans divers groupes (reggae, blues, jazz, ballades d’Afrique de l’Ouest, rock). 

Elle accompagne les chanteurs en devenir à travers le blog  “Plus que du chant” Le but de ce blog, est d’apprendre à chanter et à développer son univers musical : cela implique d’acquérir ou de développer la confiance en soi, d’identifier ses goûts, de découvrir les pratiques du chant au travers de divers styles musicaux, de dépasser ses a priori et limites, de s’autoriser à chanter en langues étrangères… Tout cela en plus du travail pur de la technique vocale. Tout ce par quoi elle est passée…

Voici son témoignage sur l’univers du SCAT. Elle vient de commencer la formation sur le Scat, proposée par le blog, et nous fera part de son expérience d’apprentissage… A suivre donc !

Mon premier cours de scat

Je viens partager avec vous mes pensées, juste avant mon premier cours de scat, il y a une vingtaine d’années…

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Interview de Michele Hendricks

Continuons notre petit tour du monde du SCAT dans le cadre du “mois du vocal” sur le blog. Artiste américaine installée en France depuis de nombreuses années, Michele Hendricks perpétue avec un immense talent, la tradition familiale (Son père Jon est un grand scatteur, fondateur du trio vocal “Lambert, Hendricks & Ross”). Elle répond aux questions de Docteur Jazz…

Une petite bio de Michele :

Michele HENDRICKS, chanteuse Américaine, auteur-compositeur, monte sur scène à huit ans avec son père Jon HENDRICKS, lui-même chanteur, parolier et fondateur du fameux trio vocal Lambert, Hendricks & Ross. Dès l’âge de quinze ans, Michele tourne régulièrement en Europe avec son père, jusqu’à la fin de ses études de danse et de théâtre à Londres. Elle poursuit des études musicales à San Francisco, avant de revenir à New York, dont elle est originaire, pour deux ans durant lesquels elle travaille avec Buddy Rich et Stan Getz.

Michele retourne ensuite à San Francisco pour chanter dans le spectacle de Jon HENDRICKS “Evolution of the Blues”, qui reste six ans à l’affiche. Elle monte ensuite son propre groupe, avec lequel elle travaille dans la region.

Elle rejoint son père quand il forme son nouveau groupe “Jon HENDRICKS & Co”. Ils enregistrent l’album “Love”, nominé pour les Grammy Awards, et pour lequel Michele a fait les arrangements.

Michele quitte finalement le groupe pour entamer une carrière en solo, et chante aux USA, en Europe et au Japon. Elle a chanté aux festivals de New Orleans, New York JVC, Wichita, Monterey, Newport, Copenhague, Francfort, Ljubljana, Helsinki, Northsea (La Haye), Stockholm, Oslo, Pori, Umbria, Lugano, Mount Fuji, Tokyo, Osaka, Marciac, Vienne, Orléans, Vannes, Munster, Paris (Halle That Jazz) avec Herbie Hancock pour son projet Gershwin’s world, Madagascar…

Elle a également participé à de nombreux shows télé aux USA et en Europe.

DJ : Hi Michele, can you tell us witch are your main influences ?

MH : My father, obviously, for several reasons:

One, he had a saying when people asked him for lessons. “Listen!” He didn’t read music. He couldn’t tell you the names of the chords in a song, but he could scat over any chord changes like a sax player. 

Two, working with him was the greatest ear training I ever had. I was the only one in the group who could read music, so everything was learned totally by ear. We had no charts. Dad would give me a cassette of the original instrumental of a song he wanted us to do, and say, “Here, find 4 parts.” So I would listen 10 million times and sing each voice; soprano, tenor & bass. (I was alto) along with the original recording as a playback, onto another cassette. Everyone would listen and memorize their part. All those years listening and memorizing, solos & backgrounds, of all that repertoire, (Basie, Ellington, Horace Silver, The Jazz Messengers, etc.) developed my ears and taught me how to improvise. To this day, I advise all my students to memorize sax solos to get a good scat vocabulary. 

Three, what a showman he was! Audiences loved him! The importance of stage presence was a great lesson. Thank you, dad!

Another major influence for me was Bobby McFerrin. I met him at a jam session in San Francisco and thought, « Whoa! Who is THIS guy? » I introduced myself and discovered we were neighbors. He had just moved to town from Salt Lake City. This was before anybody knew who he was. But whenever he had a gig, I told everybody who’d listen to come check him out! I told dad about this amazing singer I had met, and when we needed to suddenly replace my brother in the group, Jon Hendricks & Family, we called Bobby. It was a Friday. We were in New York, due to open the following Tuesday for 5 days. Bobby flew in on the Saturday and the 2 of us spent the next 3 days in a room, me quickly making cassettes for him to learn and memorize. Remember, we had no charts and didn’t have the cassettes with us on tour! I was also frantically scribbling all the lyrics. We opened that Tuesday and Bobby had every note and word down pat! He learned, by ear, the entire repertoire in 3 days! He was, is, and always will be, as far as I’m concerned, one of the greatest musical geniuses on the planet. He worked with us for about a year. The lessons I learned working with him were invaluable. He started singing a cappella when we had a gig for several nights with an awful pick up band and he told them to just lay out and he sang alone! He was the one that whispered in my ear, “Sing the chords”. Changed my scatting forever. One day, he had me sing a rhythmic riff he had written down and asked me if I recognized it. I said no, and he had me sing it again, several times. When I said that I still didn’t recognize it, he told me that I finished just about every phrase of scat with that very same rhythm! I couldn’t believe it. But sure enough, I soon realized that he was right! That’s when I became aware of the tantamount importance of rhythm in scatting. Thank you, Bobby!

And finally, Joao Gilberto, for a piece of advice he gave me that changed everything. I was living in Stan Getz’s house at the time when he and Joao were making The Best Of Both Worlds. (I was in a vocal group with Stan’s daughter, Beverly, and Buddy Rich’s daughter, Cathy). Joao would have me sing with him sometimes, and one day he stopped playing and said, “No, no, no, Michele. No, one, two, three, four. » And waving his arm around expansively, said, « Anywhere you like.” He was talking about phrasing. I was never the same. Thank you, Joao!

DJ : Can you tell us your best & worst memories ?

MH : Best: Seeing Ella live and her inviting dad to scat with her on How High The Moon, (a memory dad and I rend homage to on my CD, A Little Bit Of Ella), and getting to meet her afterwards. I was tongue-tied! 

Worst: Jon Hendricks & Company arriving at a gig where the organizer had no sound system! He didn’t understand why we couldn’t sing without mikes! Someone bought their home stereo system over, but it was such a crappy sound we did the gig with no sound system. Intimate, but lacking punch, to say the least! A disaster.

DJ : A word or simple phrase to define jazz ?

MH : Freedom !

DJ : If you were a jazz standard ?

MH : I’m Old-Fashioned

DJ : Have you some projects ?

MH : Next CD, a tribute to my father.

DJ : Thanks a lot Michele ! We hope we’ll have you on the annual SCAT’s masterclass in Angers soon !… Take care !

YouTube

Scatting & Acting “Nuptial March”

Un arrangement original des années 90 pour mon Tentet + Electrio (avec en invité Michel Perez à la guitare), sur lequel je me suis amusé à ajouter un arrangement vocal à 8 voix… L’occasion de rendre un petit hommage à ce collectif du Tentet, qui a représenté une partie importante de ma jeune carrière, et pour lequel j’ai une affection toute particulière !…

Pierre Maingourd (bass), Laurent Bataille (drums), Claude Egéa, Guy Bodet (tp), J.C Vilain (tb), Nicolas Montier (as), Thomas Savy, Nicolas Dary (ts), Stéphane Chausse (bass clarinet), Stan Laferrière (keyboards-vocals).

Une formation sur le SCAT est disponible ICI

Une stage d’été sur le SCAT vous attend ICI

Newsletter d’avril 2021

Bonjour à toutes et à tous,

AVRIL : c’est le mois du VOCAL sur le blog !

Un nouveau « département » s’ouvre sur le blog, pour tous les vocalistes !

Au menu :

Une formation online sur le SCAT, qui vous guide pas à pas pour acquérir les bases de cette technique. Profitez du prix de lancement jusqu’à la fin du mois de mai !

Un stage annuel de 2 jours à ANGERS, avec des intervenants prestigieux ! Cette année, c’est Déborah Tanguy qui interviendra ! Inscrivez-vous dès à présent, le nombre de places est limité !

Un défi de SCAT « Scat toujours », ouvert à tous ! doublez en scattant, un solo que je sélectionne ! Le premier défi est déjà en ligne ! Je compte sur votre participation !

Des interviews et podcasts de grands spécialistes du SCAT (Michèle Hendricks, Déborah Tanguy, Camille Bertault, Médéric Collignon, Kateryna KravchenkoVarijashree Venugopal, David Linx…) 

Des transcriptions vocales et des arrangements pour vocalistes (avec un ONZTET ou un BIG BAND) disponibles dans la boutique.

En avril ne vous découvrez pas d’un fil, mais joignez l’agréable à l’utile…

Profitez de la moindre occase, pour consulter le Docteur Jazz…

Interview de Varijashree Venugopal

Dans le cadre du mois du vocal sur le blog, continuons à explorer le scat à travers le monde… J’aimerais vous présenter cette artiste indienne exceptionnelle, vocaliste et flûtiste, que j’ai découverte il y a quelques mois sur YouTube (Le net a parfois des aspects bien réjouissants !). Le l’ai contactée, et elle a accepté de répondre à mes questions… Un petit aperçu de son talent ICI

photo:  Shashank Jodidar

DJ : Hi Varijashree, Indian traditional music seems to be a bit far from jazz music (anyway… maybe not that far…) How did you come to Jazz music?

VV : I come from a background of South Indian Classical Music (Carnatic Music). Both my parents are musicians and are the reason for me being a musician.

Throughout my childhood I was fortunate to be exposed to all possible kinds of music that were available at that time.

Jazz specially caught my attention because of the intricate structure of compositions and improvisation. I found myself exploring more and more, and understanding how different and how similar Indian Classical music and Jazz are, with respect to each other. It has been a great journey so far, learning a new thing everyday.

DJ : Which are your main musical influences (styles-musicians)?

VV : Training in Carnatic Music has been my biggest strength. This rich foundation has helped me approach different styles of music, enjoy, understand, appreciate, and apply into my own music.

Apart from Carnatic Music, I’m hugely influenced and inspired by Jazz, Brazilian, Afro – Cuban, Ghazals, etc.

DJ : A word or a simple phrase to define jazz in your opinion?

VV : Boundless expression.

DJ : If you were a jazz standard?

VV : “Naima”

DJ : What are your projects?

VV : I’ve a couple of projects lined up including a tutorial series for Indian and Global musicians, and an album I’m producing in collaboration with Michael League of Snarky Puppy.

DJ : Thanks a lot Varijashree, we will follow your works ! Take care

En attendant, voici les liens pour consulter son site Web

Et sa chaîne YouTube

Le défi vocal “SCAT toujours !” N.1

Vous êtes vocaliste, ou instrumentiste/vocaliste ?

Ce petit challenge est pour vous !!

Je vous propose de doubler à la voix (en scattant donc), un solo que j’ai sélectionné.

Vous pouvez utiliser les onomatopées de votre choix, en essayant de coller au plus près du timbre et des intonations de l’instrument doublé… (vous avez des exemples ICI)

Le SCAT que je jugerai le meilleur, sera publié sur le blog !

Entre autres critères de sélection, je jugerai la justesse, la précision des attaques et du rythme, l’intonation…

Au bout du Dixième Défi, je choisirai le meilleur des 10 et proposerai à son auteur (auteure) de faire une vidéo de scat en duo avec le « Docteur » 😉

Le sujet de ce premier défi :

Le solo de trompette bouchée de Harry « sweet » Edison dans It’s Only A Paper Moon avec le trio de Nat King Cole. De 0’57 à 1’43

A vous de jouer !! (De scatter pardon ! … )

Vous avez jusqu’au 15 mai à minuit !!

Envoyez en MP3, votre doublage par-dessus l’original, à : contact@docteurjazz.com

Scatting & acting “THE GYPSY”

Un superbe arrangement de “The Gypsy” écrit par la tromboniste et arrangeuse Melba Liston, pour Phil Woods et le big band de Quincy Jones.

Voir la vidéo

La transcription complète des leads, harmonies et solo, est disponible ICI

La transcription complète pour big band (scores et parties séparées), c’est LÀ

Une formation sur le SCAT vous attend ICI

Vous pouvez vous inscrire également au stage annuel sur le SCAT ICI

Interview de Kateryna Kravchenko

Dans le cadre du “mois du vocal” sur le blog Docteur Jazz, j’aimerai vous présenter quelques vocalistes étrangères… C’est le cas de Kateryna Kravchenko, chanteuse, compositrice et arrangeuse Ukrainienne, que j’ai découverte par hasard sur YouTube avec une vidéo, où elle double un solo de Dizzy Gillespie… Elle a bien voulu répondre à quelques questions.

DJ : Hi Kateryna, can you give us a short presentation ?

KK : My name is Kateryna Kravchenko. I am a native Ukrainian jazz singer and composer, now living in Germany. Since 2013, I’ve been actively participating in various jazz competitions and festivals in which I’ve won many awards. I performed with the Alexey Petukhov Quartet, sharing stage with Allan Harris, Eve Cornelious, Benny Benack III and Rachel Therrien. Since 2018, I’ve been studying Jazz Vocals at the Carl Maria von Weber School of Music in Dresden. At the end of 2020, I and my band released our debut album Stories.

DJ : Which are your main influences ? (Singers-musicians-styles)

KK : When I was 11 years old, my vocal teacher had me listen to a recording of Ella Fitzgerald singing Airmail Special. I’d never heard ‘scatting’ before and this recording completely changed my life. It was so fascinating! I wanted to listen to it day and night! I believe this passion is what inspired me to become a jazz musician. In recent years, I’ve mainly studied music that focuses on singers like Cécile McLorin Salvant, Jazzmeia Horn, Kurt Elling, Bobby McFerrin, Gretchen Parlato, and Norma Winstone. I’m also putting more and more effort into composing my own music, for which I’m mostly inspired by the works of Wayne Shorter, Avishai Cohen,and Kenny Wheeler. 

DJ : What do you think about “scatting” in jazz vocal’s world ?

KK : I believe that thanks to “scatting”, a singer’s voice becomes more like an instrument, and this gives singers the opportunity to improvise, and express their musical individuality.

DJ : Just a word or a simple phrase to define jazz ?

KK : Originality & creativity in expressing deep, intense moods.

DJ : If you were a jazz standard ?

KK : Hmm…  I’d say Joy Spring by Clifford Brown. 

DJ : What are your projects ?

KK : In 2018, I brought together a quartet of musicians from Brazil, Poland and Germany; and I like composing and arranging music with them. Recently we released our debut album Stories. Since 2020, I became a member of the National German Youth Orchestra — BuJazzO, which I enjoy singing in as part of their vocal ensemble and big band. The exchange of musical experiences with my homeland is also very important to me. I hope my band will soon be able to play concerts in Ukraine again, as well as hold workshops in children’s music schools there in order to develop the jazz culture of my country.

DJ : Thank you so much Kateryna, we will (I will, for sure) follow your works. Take care !

Stan

Website

Instagram

YouTube

Album “Stories”

Single “Gdybym” 

Une formation et un stage de SCAT sont disponibles dans la boutique du blog, pour tous les niveaux…

Formation sur le SCAT vocal

Le blog a le plaisir de vous annoncer la mise en ligne d’une toute nouvelle formation, assortie d’un stage les 9 et 10 juillet 2021, sur le SCAT vocal.

Voir la vidéo

Cette formation, inédite sur le net, s’adresse aux vocalistes bien entendu, mais aussi aux instrumentistes de tous niveaux, qui souhaitent se désinhiber, travailler leur respiration, leur prise d’air, leur articulation (c’est également valable pour les instrumentistes « non soufflants »), et intégrer dans leur langage, des notions purement « jazz » telles que les effets ; bend, fall, glissando, vibrato etc…

4 modules de travail, débriefés dans 4 vidéos, des transcriptions de grands scatteurs, des transcriptions d’instrumentistes pour travailler les effets, des cours en PDF…

Pour plus de détails sur la formation, c’est ICI

Et pour le stage, c’est LA !

Scatting & acting “Bernie’s tune”

Art Pepper + Eleven de Marty Paich… Cet album incroyable fut un de mes disques de chevet durant des années. La maitrise de l’arrangement au service d’un saxophoniste de la West Coast au sommet de son art… J’avais envie de vous faire partager ce petit jeu (entrevue simulée entre un éditeur et un compositeur, absolument pas auto-biographique, ahah!), en forme de teaser pour la formation sur le SCAT qui sera bientôt disponible sur le blog …

Voir la vidéo

Transcription complète disponible ICI

Une formation sur le SCAT est également disponible ICI

Le Scat vocal dans le jazz

Scat : style vocal dans lequel le chanteur ou la chanteuse, s’exprime par l’intermédiaire de syllabes ou d’onomatopées. La voix s’émancipe et devient soliste, elle n’expose plus seulement la mélodie, mais elle improvise au même titre que l’instrument.

Pour un chanteur de jazz, le scat reflète parfaitement ce que le solo est à l’instrument. Cette technique d’improvisation vocale utilise différents effets pour développer son phrasé : des onomatopées, des cris, des bruits, des mots imaginaires, tout est possible et envisageable.

Cette expression vocale nécessite, outre la technique vocale pure, un sens du rythme, une culture harmonique et une oreille développée. Comme pour l’improvisation sur l’instrument, le scat s’aborde avec une totale liberté créatrice. 

D’abord principalement anecdotique et parodique, il peut être selon les époques et les interprètes, humoristique (Slim & Slam), interactif et communicatif (Cab Callaway), mélodique (Ella Fitzgerald, Jon Hendricks) démonstratif (Dizzy Gillespie, Clark Terry), intimiste (Chet Baker), technique (Al Jarreau, Bobby Mc Ferrin), exubérant (Médéric Collignon, André Minvielle) …

C’est d’ailleurs dans les inflexions des chanteurs « pionniers » du blues, que les premiers instrumentistes de jazz vont aller puiser leur inspiration. À l’écoute des voix, ils vont chercher à reproduire les inflexions humaines en triturant le son de leurs instruments, en reculant les limites de leurs tessitures. Le Free jazz des années 60/70 en étant le reflet le plus significatif.

Le scat apparait comme un élément essentiel dans le développement du langage jazz. Grâce à l’imitation de la voix humaine, les “soufflants” chercheront sans cesse à se rapprocher des mêmes effets : glissando, vibrato, attaque, inflexion, sons bouchés… A l’inverse, le chanteur de jazz mêlera à son improvisation de nouveaux effets et performances, en empruntant au phrasé instrumental ou en parodiant le son de certains instruments (« l’human beatbox »)

Bien plus tôt, à la fin des années 20, le groupe vocal des Mills Brothers (4 frères chanteurs), rencontra un succès fulgurant. Ils imitaient à s’y méprendre le son des instruments avec leur voix.

On a souvent entendu que l’inventeur du scat serait Louis Armstrong. L’histoire raconte qu’un jour de 1926, alors qu’il avait fait tomber accidentellement les feuilles sur lesquelles se trouvaient les paroles de la chanson Heebie Jeebies, il aurait continué de chanter en remplaçant le texte par des onomatopées. 

Bien que l’on puisse imaginer que les premières tentatives soient possiblement nées par accident, il est probable que ce fut de façon moins « romancée » que pour Louis Armstrong

Les traces du scat sont indissociables de la voix, dès que celle-ci a commencé à broder autour de la mélodie. Le phonogramme en est le premier témoin.

Dans les années 20, Don Redman est sans doute l’un des premiers à faire entendre du scat sur un enregistrement (My Papa Doesn’t Two Time 1924). Le scat est alors plutôt utilisé comme une parodie des chants trop « convenus ». Il les paraphrase, souvent de façon humoristique.

C’est plutôt par le biais de la scène que le scat va trouver matière à développer sa technique, car les disques 78 tours, encore aux formats courts (trois ou cinq minutes), limitent considérablement tout développement, qu’il soit instrumental ou vocal. C’est l’arrivée du microsillon longue durée, associée à une image moins stéréotypée du chanteur de jazz, qui a permis au scat de s’imposer sur le disque et au-delà, de permettre à ses interprètes de s’élever au même rang que les instrumentistes.

La voix, qui n’avait été qu’un ornement servant à mettre en valeur les soli, devenait à présent un atout pour les grands orchestres, qui n’avaient eu jusqu’alors que des « chanteurs d’orchestre » venant apporter un peu de variété au répertoire purement instrumental. Les premiers vocalistes du jazz contribuèrent à tenir ce rôle. Leur voix, leur talent, mais aussi leur personnalité, apportaient à l’orchestre une saveur nouvelle et une image nettement plus attractive. 

On doit à l’orchestre du batteur Chick Webb d’avoir servi de tremplin à la chanteuse Ella Fitzgerald (Chick Webb fut d’ailleurs son premier mari). Elle fut la première chanteuse à être véritablement « soliste de l’orchestre ». Webb découvrit en elle un sens inné de l’improvisation qu’elle puisera dans le jeu des cuivres. Sa verve, son sens de la mélodie, ses attaques précises, ses vocalises et inflexions uniques, en ont fait la première « soliste vocale » de l’histoire du jazz. 

Chanteuse « hors catégorie », aussi à l’aise sur un standard de jazz que sur une bossa nova ou une chanson de variété, servie par des orchestres comme ceux de Count Basie ou Duke Ellington, le scat d’Ella Fitzgerald possède toujours une logique, un swing, un placement, une aisance hors du commun. Elle est l’exemple même de la chanteuse qui a su tirer le maximum de ses capacités. C’est elle qui a ouvert la voie à des générations de scatteurs. C’est la « boss », incontestablement !

Billy Holliday, aussi célèbre qu’Ella et malgré la reconnaissance que le jazz lui voue (à juste titre évidemment !!), ne se prêtera que rarement au scat, préférant à cela un rôle plus narratif, empreint d’un sens dramatique troublant qui provoque une émotion toute différente. 

Des chanteurs aussi célèbres que Frank SinatraNat King Cole, ou Tony Bennett, seront également très rarement scatteurs (sauf à chanter à l’occasion des lignes écrites ou prévues à l’avance) …

Quant à la grande Sarah Vaughan, chanteuse et pianiste, elle fût clairement influencée par le be-bop et à mon sens, sous-estimée. Ses scats sont plus « colorés » et très personnels, avec beaucoup d’effets et d’inflexions. On se doit de citer d’autres chanteurs comme Mel Tormé par exemple, qui a également apporté sa contribution à la technique du scat. Des chanteurs/instrumentistes issus du Bebop, comme Dizzy GillespieChet BakerJames Moody ou Clark Terry (Mumbles scatting). D’autres encore, Eddie Jefferson, Caterina ValenteSlim Gaillard… En France on oublie trop souvent Henry Salvador qui est un scatteur incroyablement original (« Salvador plays the blues » 1954).

Au fil des années, l’art du scat se transforme. De nouveaux artistes arrivent sur le devant de la scène, encore plus techniciens. 

Dans un jazz qui ne cesse de changer de visage, la voix continue plus que jamais de se faire une place de soliste. Jon Hendricks et les performances de son groupe, Lambert, Hendricks & Ross, donne aussi la preuve que les chanteurs peuvent être autonomes et faire du jazz instrumental en remplaçant les « soufflants ». De même en France dans les années 60 avec les Double-Six, formation vocale sous la direction de Mimi Perrin, qui reprend des morceaux de big band en y mettant des paroles, y compris sur les solos retranscrits à la note près. 

Les années 70 renoueront avec les chanteurs/scatteurs solistes. Al Jarreau sera sans conteste, la figure de proue de cette mouvance. Sa voix veloutée, ses scats originaux sauront séduire le public. Sur des reprises de Dave BrubeckPaul DesmondChick Corea, le chanteur imposera définitivement son style. L’album live Look To The Rainbow lui permettra d’être élu meilleur chanteur 1977 de la revue Down Beat, alors que Breakin’ Away (1981) le conduira au Top 10 du marché américain.

Si Al Jarreau incarne le renouveau d’un scat multiculturel et sans frontière, d’autres artistes comme La VelleBobby Mc Ferrin, Tania Maria, Dee Dee Bridgewater ou Cassandra Wilson, ont chacun dans leur style, fait perdurer la tradition du scat.

De nos jours, certains artistes Français sont à suivre avec intérêt, car ils perpétuent cette tradition du scat, dans des contextes musicaux très divers : Médéric CollignonCamille Bertault, Daniel HuckPatrick BackevilleAndré Minvielle et bien d’autres qui me pardonneront de ne pas les citer…

A l’étranger, je citerai la vocaliste Ukrainienne Kateryna Kravchenko, et l’Indienne Varijashree Venugopal

A écouter : (Sélection tout à fait personnelle et donc abominablement restrictive !!)

Anthology of Scat Singing (3 volumes par Philippe Baudoin chez Média7) Pour la genèse et la préhistoire !

Slim & Slam « Chiken Rhythm »

Henry Salvador (« Salvador plays the blues » 1954).

Ella Fitzgerald « Ella in Berlin » 1960 (live) « Ella & Basie » 1963 (studio)

The double six of Paris 1961 (le groupe enregistre 4 albums de 1961 à 1966, en utilisant le principe du re recording pour atteindre 12 voix)

Lambert Hendricks & Ross « Airgin » 

Al Jarreau « Take Five » 1976