Interview de Jérôme Etcheberry

Jérôme Etcheberry est l’un des plus éminents et talentueux trompettistes actuels de jazz classique. Il est, entre autres, l’un des grands spécialistes de la musique de Louis Armstrong et Bix Beiderbecke. Il nous parle de son parcours et de l’album « Satchmocracy » en octet, qui vient de sortir chez Camille Productions. Docteur Jazz aura le grand plaisir de l’accueillir en masterclass au mois de juin prochain, pour le stage « New-Orleans » organisé à Angers !

DJ : Bonjour Jérôme, peux tu te présenter ?

JE : Alors, je suis trompettiste/arrangeur/compositeur et chanteur à l’occasion. Je suis actif dans une niche plutôt « jazz classique » depuis de nombreuses années. En ce moment je joue avec le « Duke Orchestra » de Laurent Mignard, Hugh Coltman, les « Krazy Kapers » et un trio avec Michel Pastre et Louis Mazetier. Je dirige aussi un orchestre de danse : les « Swingberries » et un octet : la « Satchmocracy ».
Je suis né en 1967 à Arcachon.
L’envie d’improviser a été très présente depuis mes premières gammes et c’est la rencontre avec des musiciens passionnés qui m’a poussé à creuser toujours plus profondément dans la mine du « Jazz ». Quelques pépites plus tard, la passion est toujours intacte et le plaisir de partager cet or est primordiale.

DJ : Quelles sont tes principales influences ? 

JE : Louis Armstrong, Tommy Ladnier, Henry Allen, Oran Page, Roy Eldridge, Alvin Alcorn, Emmett Berry, Cootie Williams, Bobby Hackett, Jonah Jones, Wild Bill Davison, Fats Navarro, Clark Terry, Harry Edison, Ruby Braff, Harry James, Charlie Shavers, Lee Morgan, Chet Baker, Freddie Hubbard… Sy Oliver, Duke Ellington, Quincy Jones, Fletcher Henderson….
Il y a bien sûr des montagnes de musiciens que je ne cite pas, car la liste serait trop longue! 
J’ai aussi écouté de nombreux artistes brésiliens, Cubains ainsi que beaucoup de musique classique. 

DJ : Ton pire et ton meilleur souvenir de musicien ?

JE : Le pire : Quand je joue le solo de trop. 
Le meilleur : Quand j’évite de jouer le solo de trop.

DJ : Un mot ou une phrase pour définir le jazz selon toi ?

JE : Ensemble 

DJ : Si tu étais un standard de jazz ? 

JE : Tea for Two

DJ : Peux tu nous parler de la genèse de l’album « Satchmocracy » qui vient de sortir ?

JE : Louis Armstrong a toujours fait partie de mon environnement musical et imaginaire. Au début des années 20, il révèle au monde du Jazz un nouveau chemin, il est à l’époque un puissant catalyseur, comme l’architecte d’un univers musical en pleine transition. Dans cet album j’ai cherché respectueusement à rendre hommage à l’impact de son expression si singulière durant cette période essentielle, jusqu’à transposer l’incomparable vitalité de son jeu en scénographiant sa musique dans ses plus infimes détails grâce à la riche texture d’une section de cuivres permettant de souligner la gamme de couleurs de son style si original et de retrouver entre chaque note la signature de celui qui élaborait un chef d’œuvre à chacun de ses solos. 

En suivant les courbes subtiles de ses plus célèbres lignes mélodiques, sublimées par une section rythmique mettant en lumière son inventivité, on peut se laisser emporter sur le dos de cette inspiration époustouflante qui allie toujours lyrisme et élégance, sens du swing et extravagance, faisant de « Louis » le Père du Jazz pour l’éternité. 

DJ : Tu as pour cela, carrément harmonisé à 4 voix (la plupart du temps en « close voicing », pour les arrangeurs;-), les magnifiques solos de Louis ! Une très belle réussite !

Quels sont tes projets ?

JE : Enregistrer un second volume de l’album « Satchmocracy » évidemment !…

DJ : On souhaite une belle carrière à cet album, et l’on te retrouve au stage « New-Orleans » au mois de juin à Angers (il reste quelques places, dépêchez-vous !)

Camille Productions et la « Satchmocracy »


Partager l'article

Laissez un commentaire !